Les traitements antiparasitaires internes n'ont pas d'effet protecteur sur le long terme, il est donc important de vermifuger vos animaux régulièrement avec un médicament adapté autant à l'espèce exposée (race, âge, mode de vie, etc.) qu'aux différents vers pouvant représenter un risque pour éviter les (ré)infestations et les maladies associées.
Nous vous présentons ici les réponses aux questions les plus fréquentes concernant les vermifuges et les parasites internes:
🐾 Pourquoi vermifuger mon animal?
En moyenne on considère que 60% des chiens et chats sont porteurs d'un parasite digestif, et dans ce chiffre 40% sont infestés simultanément par plusieurs espèces de parasites. Certains vers comme les ascaris contaminent dès la naissance plus de 3/4 des animaux. On peut également les retrouver dans près de 80% des jardins publics, parcs, bacs à sable, etc. L'infestation peut être silencieuse, sans provoquer de symptômes visibles, surtout chez l'animal adulte; et donc se propager plus facilement à d'autres animaux. Les parasites digestifs ne touchent pas que les animaux mais peuvent également contaminer les humains, avec des conséquences parfois graves pour les personnes les plus fragiles (jeunes enfants, personnes immunodéprimées, etc.)
🐾Mon animal ne sort pas de la maison, faut-il le vermifuger quand même?
Oui, comme vu ci-dessus un animal peut être contaminé dès la naissance mais en plus un animal qui reste au domicile peut être infesté par certains vers (œufs rapportés dans la maison via les chaussures par exemple). On adaptera la fréquence d'administration du vermifuge pour tenir compte du risque moins élevé.
🐾 Quand faut-il vermifuger mon animal?
En fonction de son espèce, de son mode de vie et de son âge un calendrier particulier est à respecter, pour en savoir plus consultez nos fiches dédiées aux chiens et aux chats.
🐾 Est-ce que je peux utiliser le même médicament pour mon chien et mon chat?
Même si les molécules sont identiques pour certains vermifuges des présentations différentes sont adaptées au poids de votre animal. Certains médicaments sont réservés à une espèce en particulier et ne doivent pas être utilisés pour d'autres animaux; de même certains parasites sont spécifiques de certaines espèces.
🐾 Est ce qu'il y a un lien entre les parasites externes et les vers ?
Oui, les puces peuvent être porteuses des oeufs de ténia et les transmettre. Une protection efficace doit donc inclure un plan de traitement contre les puces et contre les vers.
🐱Les différents types de vers 🐶
Les helminthes ( vers digestifs) sont classés en deux "familles"; les vers dits "plats" (cestodes) et les vers dits ronds (nématodes); ils sont tous communs aux chiens et aux chats sauf les trichures ( famille des nématodes), spécifiques du chien.
Les Nématodes
Ascaris: vers les plus courants (en moyenne 39% des infestations pour les chiens et 58% pour les chats); ils contaminent les animaux dès la naissance et les premiers jours de vie en passant à la fois par le placenta et le lait de la mère. Les animaux adultes se contaminent via l'environnement en avalant des œufs évacués par d'autres animaux contaminés.
Les ascaridioses sont provoquées par deux types de parasites différents: Toxocara (cani; le plus fréquent; et plus rarement cati) et Toxascaris leonina. Les deux parasites sont généralement asymptomatiques chez l'adulte mais provoquent des troubles digestifs, un affaiblissement et un retard de croissance chez les jeunes animaux.
La différence principale réside dans le risque pour l'humain. Toxocara peut contaminer l'homme (on parle de zoonose); contrairement à Toxascaris. La contamination se fait généralement en avalant des œufs du parasite (enfant qui joue dans un bac à sable et qui a les mains souillées, consommation de végétaux mal lavés, etc.).
Pour lutter contre ces deux parasites il est important de conserver un environnement propre pour éviter les œufs (nettoyer le sol à la vapeur; bien laver les aliments végétaux, etc.); et de vermifuger régulièrement son animal, surtout s'il peut être au contact d'animaux porteurs. Dans le cas de Toxocara il faudra recommencer le traitement 15 jours après la première prise (inefficacité sur les stades larvaires du parasite).
Ankylostomes : 3 espèces de vers différentes sont impliquées; Ancylostoma caninum (parasite du chien), Ancylostoma tubaeforme (parasite du chat) et Uncinaria stenocephala ( chiens et chats) . La contamination se fait surtout par voie orale (ingestion des œufs ou larves présents sur des végétaux ou aliments souillés; dans les bacs à sable, jardins publics, etc.) Uncinaria a pour hôte le renard qui contribue largement à contaminer l'environnement, la vermifugation est donc indispensable pour un animal qui a accès à l'extérieur.
Attention, en plus de la contamination orale et via le lait maternel les larves d'Ancylostoma (et très rarement Uncinaria) peuvent traverser la peau et migrer via le sang à travers les poumons et la trachée pour atteindre l'intestin ( localisation définitive du ver adulte) en causant des lésions au passage. De même elles peuvent exceptionnellement infester l'humain via le sol par ce mode de contamination (larva migrans cutanée).
Trichure : le ver parasite Trichuris vulpis en cause dans l'infestation est spécifique du chien (la trichurose humaine est possible mais est provoquée par un autre parasite, Trichuris trichuria). Les œufs du parasite peuvent rester viables pendant plusieurs années dans l'environnement; la contamination se fait par voie orale. Il est nécessaire de répéter le traitement 3 semaines après car les larves ne seront pas éliminées par la première cure.
Les Cestodes
Dipylidium : Dipylidium caninum est un ver parasite plat dont les œufs peuvent être portés par les larves de puces. Les puces sont ingérées par les chiens et chats lors de leur toilette; mais également parfois par l'humain (souvent un enfant qui va caresser son animal et porter les mains à la bouche après). L'infestation peut passer inaperçue chez un animal adulte en bonne santé, on peut parfois observer un chien se frotter le derrière au sol ("signe du traineau") ou trouver des segments du ver dans les selles (aspect de petits grains de riz).
Taenia : Ces vers ne provoquent en général que peu de symptômes chez un animal adulte en bonne santé, cependant il est important de traiter de manière préventive. Comme pour tout parasite intestinal ils peuvent provoquer des troubles digestifs mais également un retard de croissance chez les jeunes animaux. Attention, tout comme pour la trichurose il existe des ténias spécifiques aux chiens (Taenia taeniformis et Taenia pisiformis) et aux chats (Taenia taeniformis) qui n'infestent pas l'humain. Ce dernier est concerné par Taenia saginata et Taenia solium, respectivement parasites intermédiaires des bovins et des porcs.
Echinocoques : Echinococcus granulosus et E. multilocularis sont deux parasites pouvant toucher les chats et les chiens. E. granulosus est particulièrement associé aux herbivores domestiques, et notamment les moutons (fort risque de présence dans les régions pratiquant l'élevage et avec des chiens de berger); tandis que E. multilocularis est transporté par les rongeurs (hôtes intermédiaires), puis disséminé par les renards sur les végétaux, pouvant ainsi contaminer animaux domestiques et surtout humains.
Chez les chiens et chats l'échinococcose est majoritairement sans conséquences; ils servent par contre de vecteurs pour la dissémination des parasites. Chez l'humain l'infestation est beaucoup plus grave: E. granulosus est la cause de l'hydatidose; une maladie kystique provoquée par les larves qui s'installent (parfois pendant plusieurs dizaines d'années) dans les différents organes et qui peut entraîner la mort si les kystes ne sont pas retirés. E. multilocularis provoque quant à lui l'échinococcose alvéolaire: les larves du parasite s'installent dans le foie et le détruisent progressivement. Ici encore l'apparition des symptômes de la maladie peut se faire des dizaines d'années après l'infestation. Il n'est pas toujours possible de traiter la parasitose; et quand la maladie n'est pas mortelle le traitement devra être poursuivi à vie car il n'est pas possible d'éradiquer le parasite.
L'échinococcose fait partie des zoonoses non tropicales les plus dangereuses et reste hautement préoccupante pour les propriétaires d'animaux domestiques. Il est important de choisir un vermifuge adapté si on possède un animal pouvant être au contact du parasite car toutes les molécules ne sont pas efficaces.
Le point sur... la période prépatente (PPP)
La période prépatente est l'intervalle séparant l'infestation de l'animal par un parasite du moment où les formes larvaires et les œufs du parasite sont évacués dans l'environnement via les selles de l'animal.
En cas de traitement d'une infestation il faut tenir compte de la PPP (qui est différente pour chaque parasite) pour choisir la date de renouvellement du traitement, afin de maximiser l'effet de l'antiparasitaire et d'empêcher une libération importante d'oeufs ou de larves du parasite.
La deuxième dose doit donc être administrée à une date inférieure ou égale à la PPP du ou des parasites traités.
Pendant cette période il n'est pas possible d'établir un diagnostic coproscopique fiable.
🐈 Les autres parasites digestifs 🐕🦺
Giardia duodenalis : Parasite à l'origine de la giardiose, affection intestinale pouvant se révéler particulièrement grave chez les jeunes animaux; mais également pour les humains (zoonose), et notamment les personnes à risque (jeunes enfants, personnes immunodéprimées, etc.). La giardiose est beaucoup plus fréquente dans les élevages, chenils, pensions; la contamination orale étant très facile dans des milieux où plusieurs animaux cohabitent. Les ookystes qui permettent au parasite de contaminer son hôte peuvent survivre plusieurs mois sur les matières et dans l'environnement (paniers, gamelles, sol, eau, etc.), il est donc important de laver régulièrement le matériel et les sols avec des désinfectants (attention, l'eau de Javel n'est pas assez efficace pour éliminer les ookystes, il faut privilégier des produits à base d'ammoniums quaternaires; de même pour la désinfection des mains après s'être occupé des animaux).
Les vermifuges classiques ne sont pas efficaces pour prévenir la giardiose, le vétérinaire peut cependant conseiller l'utilisation de molécules comme le métronidazole ou le fenbendazole en dehors de leur cadre d'utilisation normal pour traiter l'infestation.
Aelurostrongylus a. et Angiostrongylus v. : responsables respectivement de l'aelurostrongylose chez le chat et de l'angiostrongylose chez le chien. Ce ne sont pas des parasites digestifs stricts car leur localisation définitive dans le corps de l'animal est au niveau du cœur puis des artères pulmonaires (chez le chien le parasite peut se loger de manière occasionnelle et atypique au niveau des reins, des yeux et du foie); mais la contamination se fait par voie orale et les larves du parasite sont ensuite expectorées, avalées puis disséminées dans les selles de l'animal contaminé.
L'infestation peut passer inaperçue au début, surtout chez un animal en bonne santé; mais du fait de l'installation des parasites au niveau du cœur et des poumons l'évolution sur le long terme va conduire à l'apparition de fatigue chronique, d'amaigrissement, de toux et de symptômes respiratoires (chez le chien la présence des vers dans le cœur peut provoquer en plus une insuffisance cardiaque pouvant conduire à la décompensation et à la mort si l'infestation est importante et n'est pas traitée).
Les escargots et les limaces sont des hôtes intermédiaires des parasites et leur servent à se propager; un chien ou un chat qui a accès régulièrement à l'extérieur doit être protégé avec un vermifuge efficace sur ces parasites. De même il faut essayer de limiter la présence des limaces au jardin (en évitant les anti-limaces à base de molécules toxiques pour les animaux de compagnie); notamment dans le Sud-Ouest pour Angiostrongylus, même si le parasite peut être trouvé dans toute la France.
De manière générale une toux non ponctuelle chez un chien ou un chat doit amener à consulter le vétérinaire pour en trouver l'origine et éviter des complications graves sur le long terme.
⚠️ Un état général affaibli associé à une toux et des difficultés respiratoires chez le chien ou le chat peut évoquer une infestation par un autre parasite cardiaque, Dirofilaria immitis. Ce nématode est injecté sous forme larvaire dans le système sanguin lorsqu'un moustique infecté fait un repas de sang. La larve se développe et migre vers les artères pulmonaires et le cœur.
Le moustique sert de vecteur de propagation: en piquant un animal infesté il peut ainsi propager le parasite à d'autres animaux ou même à l'humain (il n'y a pas de contamination directe des animaux domestiques infestés à l'Homme). Les chiens sont beaucoup plus touchés que les chats mais dans les 2 cas les premiers symptômes peuvent n'apparaître que plusieurs mois à plusieurs années après la piqure de moustique infectante.
Si la dirofilariose n'est pas traitée le risque de décès de l'animal est très élevé; cependant le traitement doit s'étaler sur plusieurs mois car la mort des parasites peut provoquer un état de choc mortel. C'est un protocole contraignant, d'autant plus que l'animal concerné devra être mis au repos forcé.
Il est important de prévenir l'infestation pour ne pas devoir faire traiter les animaux. Pour ce faire on utilisera un antiparasitaire externe ayant un effet répulsif sur les moustiques associé à un vermifuge efficace sur le parasite; surtout en pleine saison (Mai à Octobre) et dans les régions à risque avec des zones humides (marais, etc.).
Le vétérinaire peut prescrire un médicament préventif si un séjour à l'étranger ou dans une zone à risque très élevé est prévu mais il devra s'assurer que l'animal n'est pas déjà porteur du parasite adulte car le traitement peut avoir des effets indésirables graves dans ce cas.